Médaillé olympique

podium JO

Ça fait quatre ans qu’on attendait cette finale. Notre programme d’entrainement fait que physiquement on sait qu’on sera au top. Je me sentais fort comme jamais. Mentalement, c’est une autre histoire. Les trois jours avant, le ventre est noué, on ne pense qu’à ça. Le rôle de Christine Gossé, notre entraineur, est de canaliser cette tension jusqu’au départ de la course. Après notre série éliminatoire, un peu ratée, nous aurions pu douter, exploser et couler. La veille, nous avons regardé les finales de l’autre groupe, ça nous a mis dans l’ambiance. Le matin on s’est dit « c’est aujourd’hui  et on y va ».

Nous avons fait une belle course, la plus construite des 4 dernières années. Au départ, nous sommes concentrés et déterminés. La coque sort bien de l’eau, j’ai trois gros moteurs derrière qui poussent très fort, on est dans le coup, on continue. On fait un gros train, chaque coup est puissant, on place des séries pour relancer la vitesse et essayer de coller aux polonais et aux italiens. A l’entrée des tribunes, au dernier 500, un petit coup de tête à gauche : on est 4, à la bagarre avec les australiens. On relance comme des bêtes, on est à fond, celui qui craque a perdu. Un regard à gauche en passant la ligne. Les polonais sont premiers, les italiens devant nous, et les australiens à notre hauteur. On ne connait pas notre résultat. «Pas quatre, pas quatre !» Puis, en même temps, les australiens se prennent la tête et « FRA » s’affiche sur le panneau. OOOUUUAISSSS ! Avec PJ, on se lève dans le bateau et on fait les idiots. Ça a l’air de rien mais avec la fatigue, on  ne tient pas debout et les autres ont lâché les rames. On ne passe pas loin de se mettre à l’eau. Plus rien n’a d’importance, on est médaillés. La sensation d’accomplissement est énorme, nous avons réussi !

En étant vice-champions du monde 2007, nous étions attendus, mais les JO ce n’est pas une remise de récompense au mérite. Nous avons mis toutes les chances de notre côté, nous nous sommes entrainés comme des fous ces deux dernières années, nous n’avons pas compté les sacrifices et nous avons gagné notre pari. Mais entre nous et les quatrièmes l’écart à l’arrivée est infime, sauf que nous sommes traités comme des vainqueurs et eux comme des perdants. Le sport est injuste, et les médias encore plus. C’est ça qui est dur quand on n’a pas de médailles.

Le soir et le lendemain de la finale, nous avons été beaucoup sollicité, nous n’avons pas eu le temps de nous retrouver tous les cinq avec l’entraineur pour savourer, nous ne réalisions pas vraiment. De retour au village olympique, nous redevenons des athlètes comme les autres, il y a une certaine pudeur, personne n’exhibe ses médailles. Par contre, ça sent les vacances…. L’ambiance est plus détendue, les gens prennent le temps de discuter, de raconter ce qu’ils ont vu. Niveau touristique, que du classique pour moi : la grande muraille, la cité interdite, le palais d’été, le marché de la soie et les hùtongs, les quartiers traditionnels chinois. J’essaye d’aller voir les autres français pour leurs épreuves mais c’est dur de trouver des places. J’ai fait le hand masculin et féminin, le plongeon à 10m, une soirée au stade d’athlétisme, et le pentathlon moderne. Le soir c’est « Pékin by night »….

Publicités
Publié dans Aviron 2009. Étiquettes : , , , , , . 1 Comment »

Et maintenant, LA finale !

Bassin

OUF !
Ça y est, la demi-finale que nous redoutions est passée. C’est la course couperet, entre ceux qui ratent leurs Jeux et ceux qui peuvent encore les réussir. On fait une bonne course, en restant dans le paquet et en revenant fort sur la fin. On a encore une petite marge de progression au niveau technique pour la finale, et on veut faire un gros coup. J’ai trois gros moteurs derrière moi à faire ramer, je vais les exploiter à fond !

Ces derniers jours la tension était énorme : du mal à manger, du mal à dormir, ça cogite dans tous les sens… Beaucoup d’espoirs reposent sur nos épaules et on ne veut pas les décevoir, une finale B aurait été une déception après une si bonne saison. Maintenant on se concentre sur la finale, et au bout, la médaille, ce petit bout de métal qui change tout. Finaliste olympique, ça force le respect sur les bassins pour les 4 ans à venir, mais la médaille, c’est un autre monde qui s’ouvre : les médias, la reconnaissance et les honneurs. J’aimerais bien en ramener une à Toulouse, ce serait bien pour l’Aviron Toulousain et mon école, l’ENSIACET, et puis ça irait bien avec le Brennus… En même temps on se force à ne pas trop penser à tout ça, pour ne pas être déçus s’il n’y a rien. D’abord la course.

Au village, la vie olympique continue, mais ça commence à sentir les vacances. On est toujours dans notre routine restaurant-bus-bassin, mais on entend parler de la nuit pékinoise, des choses à faire et à voir… Pour l’instant, on prend des notes…. Comme on se lève tôt pour les entrainements, on croise les fêtards qui rentrent…beau spectacle ! La deuxième semaine s’annonce bien !

Publié dans Aviron 2009. Étiquettes : , , , , . Leave a Comment »

Routine Olympique

4X entrainement

Nous sommes maintenant bien installés dans notre routine au village olympique. On a encaissé le décalage horaire, et on s’habitue à la chaleur extérieure. Tous les matins, une heure de bus pour aller au bassin d’aviron, entre 12 et 16 km de bateau (1h-1h20), retour au village et petite séance cardio (30 minutes) en fin d’après midi dans l’immense salle de sport du village. Le reste du temps, on mange et on dort. Il faut faire du « jus » : fini la salle de jeux vidéos et les parties acharnées de palet, maintenant on privilégie les activités calmes. Christine, notre entraineur, nous a offert un puzzle de 2000 pièces pour nous occuper. C’est un tableau de Miro, ocre et beige, absolument infaisable ! Un peu rétro comme idée mais ça marche : le soir on lâche les ordis et on se met autour, et les gens de passage s’arrêtent poser une pièce.

Sinon, j’ai rencontré et discuté avec quelques athlètes français : tireurs, nageurs, décathloniens ou lutteurs, tous très sympas. Entre inconnus du grand public, on se comprend et on se respecte. Certaines superstars sont accessibles et ouvertes comme Alain Bernard ou Teddy Riner, ça fait plaisir de voir qu’ils ne se prennent pas la tête. Il y a vraiment une bonne ambiance dans ce groupe, ça promet pour les soirées en deuxième semaine !

Les chinois nous en mettent toujours plein la vue niveau organisation : pas de queues au restaurant ni au contrôles de sécurité (de niveau équivalent à un aéroport mais en bien plus rapide !), boissons à volonté et partout des volontaires polis et souriants. Et les infrastructures ! Ils ont construit une autoroute, 2×3 voies, fermée au public, qui va du 5ème périphérique (!!!) au bassin d’aviron en ligne droite…..pour une navette toutes les 20min ! Et dire qu’à Toulouse on hésite à en construire un 2ème…

Nous avons eu la visite du Président de la République au village cet après-midi. On peut ne pas aimer le personnage, mais la fonction force le respect. Il nous a fait un petit discours, digne d’un coach sportif, en nous poussant à tout donner et à en profiter à fond. On a fait le forcing et on a eu notre photo ! Le soir on s’est regroupé entre rameurs pour regarder la cérémonie d’ouverture à la télé. Et oui, les épreuves commencent bientôt, on reste au calme ! On rajoute ça à la (longue) liste des sacrifices…

Publié dans Aviron 2009. Étiquettes : , , , . Leave a Comment »

Arrivée à Pékin…premières impressions

Village 18

Nous sommes arrivés à Pékin le 2 août au matin, après un vol de 9 heures en classe affaire (la classe !) en compagnie des handballeuses et handballeurs. Tout a été organisé au départ et à l’arrivée pour accélérer le passage des contrôles et autres réjouissances administratives d’habitude fastidieuses.

Découverte des premiers paysages chinois lors du transfert en bus au village olympique : ciel gris mais sans nuages, immeubles en construction et autoroute toute neuve : il y a même des jardinières sur les barrières de sécurité ! Tout est beau et propre dans notre champ de vision, tout au long du trajet, c’est très impressionnant.

Pour l’aviron, les installations sportives sont magnifiques, tout est bien pensé et fonctionnel, de quoi mettre les sportifs dans les meilleurs conditions de réussite. On a hâte que les courses commencent afin de voir où on en est.

Même sensation au village : immeubles impeccables, pelouses magnifiques, décorations…. C’est bluffant!
L’ambiance olympique est au rendez-vous avec tous ces athlètes du monde entier : on passe du basketteur russe de 2m15 aux gymnastes australiennes d’1m40, des athlètes fins aux lanceurs de poids…

Le climat est « moins pire » que prévu. Il fait chaud mais pas trop humide, la pollution est supportable, et loin de ce qu’on a vu sur les photos. On n’a eu qu’un jour de vrai « fog » où l’on ne voyait pas à plus de 700m. Le voir en vrai, ça fait réfléchir à ce que l’on est en train de faire à la planète. Mais même ici, aux JO, on trouve des gens pour dire : « nous on s’en fout, on fait un sport d’intérieur ». Tu m’étonnes que la Terre ne tourne pas rond.

Sinon, la nourriture est excellente, on a beaucoup de choix mais ma préférence va au « véritable canard laqué de Pékin » dans sa petite crêpe. J’ai aussi essayé le « french cassoulet »… Je doute qu’ils en aient déjà goûté du vrai mais l’intention est là.

Mention spéciale pour l’organisation : il y a une armée de volontaires (on a entendu le chiffre de 75 000! à vérifier) qui parlent anglais, et même français pour certains. Ils disent tous bonjour, au revoir et merci, souriants et très serviables. Ils sont contents de pouvoir rendre service. Des fois, c’est presque trop, comme les gens qui passent la raclette dans le vestiaire dès que quelqu’un sort de la douche, ou mieux, ceux qui ramassent les feuilles mortes à la main sur la pelouse devant notre bâtiment. Mais c’est vraiment pour trouver un point négatif.

Publié dans Aviron 2009. Étiquettes : , , , . Leave a Comment »