Champion d’Europe 2010 !

Il fallait gagner. Pour marquer les  esprits, pour nous rassurer après un stage moyen en Aout et envoyer un signe fort aux anglais et aux Néo-zélandais, seuls bateaux majeurs absents de cette compétition. Pour montrer que notre montée en puissance du mois de Juillet n’avait rien d’un coup de chance. Pour nous enlever cette réputation de gentils deuxièmes. Pour entendre la Marseillaise et ramasser le gros bouquet.  Il fallait gagner.

Nous avons beaucoup discuté avec Christine depuis le début du stage de préparation. Le stage en altitude du mois d’Aout, s’il a été bénéfique physiquement, nous a fait perdre nos repères de double et le petit stage d’une semaine dans le Jura n’a rien amélioré. La séance vidéo de jeudi dernier a été un véritable électrochoc : nous n’arrivons pas à reproduire ce que nous faisions à Lucerne début Juillet, et nous n’inquièteront personne en ramant comme ça !

Les sorties de préparation en confrontation avec les autres équipages français ne nous rassurent pas non plus.  Nous travaillons avec des temps de référence qui nous permettent de comparer deux bateaux de vitesse différente, et nous sommes loin des bateaux de tête (quatre sans barreur lourd et PL).

Sur le travail de vitesse nous commençons à retrouver des appuis communs mais la vitesse de coque n’est toujours pas très élevée. Le doute est installé et la patience et la sérénité de Christine sont les bienvenues.

Il fallait un bassin de course, des concurrents et une ligne d’arrivée pour nous réveiller. Nous vivons pour la course. On s’ennuie vite dans une Formule 1 en centre ville.

Nous retrouvons nos repères sur le magnifique bassin de course de Montemor-o-velo, au Portugal. L’atmosphère des grands événements est bien là : bannières de couleur et contrôles de sécurité mis à part, on se croirait à Athènes ou à Pékin !

Le décor est planté, et l’action commence tôt puisque nous retrouvons les allemands Champions du Monde en titre et les serbes 5èmes des mondiaux 2009 dès la série. Après un bon départ, nous attaquons avant le 1000m puis creusons notre avance au train avant de contrôler la fin de course, ce qui deviendra notre profil type pour les autres courses du WE.

La chance nous sourit un peu en demi-finale puisque les allemands sont dans la même manche que les estoniens et que nous avons une course au niveau moins relevé. Tout est relatif, nous sommes quand même dans en demie d’un grand championnat majeur, et nous sortons un gros parcours pour tuer la course et nous mettre à l’abri.

Nous nous sommes retrouvés techniquement et abordons la finale dans le costume du favori.  Il est un peu plus lourd à porter. Une habitude à prendre en vue des mondiaux et des années à venir.

Tout le stress généré depuis deux semaines est sur nos épaules avant que le starter ne lance les hostilités. Bien encadrés par les Champions du Monde et les Champions d’Europe 2009, notre départ canon place d’entrée notre pointe devant la meute. Personne ne la reverra !

Mieux encore qu’à Lucerne, nous arrivons à  mettre en place notre geste technique plus tôt dans la course et à sortir du groupe de tête sans nous mettre dans le rouge.  Une fois devant, nous sommes en position de force et personne ne cherche à nous attaquer. Nous appliquons chaque coup pour creuser l’écart. 2,5 secondes au 1000m et 3 secondes au 1500m, la course est gagnée mais il faut encore la finir… Nous contrôlons le retour des prétendants aux médailles sans faire de sprint final et sommes Champions d’Europe 2010 !

Vous pouvez aussi poser vos questions sur http://www.formspring.com/cberrest

Kettwig by Michael Weiland

Je remercie Michael Weilandt pour les photos prises à Kettwig !

Si vous avez la fibre artistique ou que vous avez réussi à prendre une belle photo de moi par erreur, ce serait sympa de me l’envoyer pour que je puisse illustrer les articles du blog.

contact.cberrest@gmail.com

Championnat d’Europe d’ergomètre – Kettwig Euro Open – Jour 2

On était venu en Allemagne pour chercher de la concurrence, on l’a trouvée ! L’organisation et les médias allemands ont monté la sauce en un duel entre Karsten Brodowski et moi, suite à mon bon chrono en série… Je connais Karsten depuis nos belles années de junior : alors que je battais le record de France en 5’59.3, il battait le record du monde en 5’47 et des brouettes. 2m05 et 105kg, c’est un sacré morceau ! Sur l’eau par contre c’était une autre histoire, je l’ai toujours battu. Il a bien progressé depuis, puisqu’il est vice-champion du monde en 4X, et que son record perso à l’ergo est descendu à 5’40… Il a géré sa série hier en 5’52 (!) et se réservait pour aujourd’hui.

Autres qualifiés pour la finale : la nage du 4X allemand, Tim Bartels, Marcel Hacker le médaillé olympique et Champion du Monde en skiff, et les 4 du milieu du huit Champion du Monde. En ajoutant les 10 meilleurs moins de 23 ans, vous avez un plateau de départ de très haut niveau, et ça tombe bien c’est ce qu’on aime !

La stratégie de course était partir en tête, de m’accrocher le plus longtemps possible à Brodowski dans le 1000m du milieu et de voir si je pouvais encore le titiller dans le dernier 500. Il visait 5’42, et même si je ne m’interdis rien, je ne pense pas être en mesure de le faire, actuellement… Joyeuse coïncidence, les gentils organisateurs nous ont placé à côté.

Le gymnase était plein à craquer, et le speaker a mis une grosse ambiance avant le départ. J’ai fait le show dans les 200 premiers mètres en mode « j’affiche plus bas que toi », et j’ai pris une petite avance de 5/6m que j’ai gardé jusqu’au 1250m. Je voulais vraiment m’accrocher à lui sauf que c’est lui qui a calqué sa course sur moi, en me marquant à la culotte. J’ai tenté des attaques, il a toujours répondu, et dès que mon temps baissait un peu son coach le relançait…. ja voll, ja voll…

Finalement nous sommes rentrés ensemble dans le dernier 500, quelques mètres devant Grohmann, une belle boule de muscle. A ce moment là j’y croyais encore, même si je commençais à être sérieusement entamé. Je savais déjà que le chrono ne serait pas top au vu de mes temps de passage, mais seule la victoire comptait aujourd’hui, ma bonne perf’ d’hier validant mon travail hivernal.

Grohmann est parti comme une flèche, nous laissant sur place en moins de 10 coups. Ça ressemblait à un feu de paille, j’ai accéléré un peu, mais il a tenu jusqu’au bout et moi non. Karsten a bien essayé de repartir dans les 200 derniers mais n’a rien pu faire pour le rattraper. Je termine 3ème en 5’49.0. Grohmann s’impose en 5’46.9 et Brodowski suit en 5’47.2.  Avec mon chrono d’hier…

On le saura pour la prochaine fois, il suffit de passer dans les 10 le samedi et en garder le maximum pour la finale du dimanche, le risque étant de faire deux chronos moyens si ça va vite dès le samedi. Ça fait très mal de toute façon.

C’était vraiment une bonne expérience, nous avons croisé beaucoup de passionnés qui suivent nos parcours depuis l’étranger, des gens contents de nous voir venir défier les allemands (y compris le chef des équipes d’Allemagne qui a motivé ses troupes grâce à nous ! ).

Merci à Thierry Louvet et Concept2 France de nous avoir permis de nous frotter à la concurrence.

Merci à Boris et Concept2 Germany pour l’accueil et pour nous avoir mis dans d’excellentes conditions. Kettwig est vraiment une ville sympa.

Merci enfin à ceux qui m’ont envoyé des messages de soutien et aux français qui avaient fait le déplacement.

Rendez vous l’année prochaine à Coubertin pour l’Euro Open 2011 à Paris !

Championnat d’Europe d’ergomètre – Kettwig Euro Open 2010 – Jour 1

Nous sommes arrivés en Allemagne hier, après quelques péripéties dans les transports parisiens. L’organisation fait bien les choses puisqu’un chauffeur nous attendait à l’aéroport et nous a emmenés faire un tour dans l’arène du THG, histoire de prendre nos repères, une bière et un sandwich avant d’aller à l’hôtel. Petit intermède gastronomique : le restaurant de l’hôtel est l’un des meilleurs de la ville, nous en avons profité pour flatter nos papilles et prendre de l’énergie avant le début des festivités.

Et quelles festivités ! Cette année, pas de Championnats du Monde à Boston, l’expérience de l’année dernière s’est avérée trop fatigante, nous restons en Europe. Le niveau de cet Euro Open 2010 est intéressant, avec la présence de tous les allemands qui prétendent à une sélection. Petit rappel : ils sont Champions du Monde -sur l’eau- en huit et en double, médaillés en quatre de couple… Le schéma de la compétition est nouveau pour nous, avec une série le samedi et une finale le dimanche avec les 10 meilleurs.

Il a neigé toute la nuit, donc il y a quelques forfaits, mais les plus gros sont là.

Première surprise, la salle n’est pas éclairée et un DJ mixe en live pendant les courses. Ce n’est pas une boite de nuit, mais c’est moins calme que d’habitude… Il y a une estrade au centre du gymnase avec 10 ergos, et une rangée de 25 ergos à son pied. Les concurrents sont éclairés par des spots et peuvent suivre la course sur des petites télés, les 3500 spectateurs sur les 2 écrans géants. Grosse ambiance…

Deuxième surprise : ils prennent mon statut de Champion du Monde au sérieux ! Mes bases d’allemand sont encore assez fraîches pour comprendre « Weltmeister » quand je passe dans les couloirs… à moi de montrer qu’il n’est pas usurpé !

Encore une petite contrariété : l’échauffement sur un ergo est limité à 8 petites minutes par personne car les courses sont rapprochées et les gens récupèrent pour la course du lendemain. Obligé de ruser pour se chauffer correctement !

La stratégie est de faire le meilleur chrono possible aujourd’hui, et de recommencer demain ! Pas de gestion prévue, j’aimerais descendre un peu mon record de France ce qui devrait me placer dans les 10, et me donner le privilège (si si !) de recourir demain.

Je fais un bon départ et un premier 1000 agressif. Avec Julien on se détache du peloton, les allemands gèrent et se réservent pour demain. Je continue à attaquer, et je passe au 1000 sur de très bonnes bases, en tirant 1’26 par 500m. (Je n’ai pas eu accès au moment où j’écris aux temps intermédiaires, mais je dirai sur les bases de 5’44) Je paye logiquement l’effort dans le 3ème 500, en maintenant le 1’27 par 500, mais rend les armes dans les 400 derniers mètres en 1’29 et même 1’30.

5.46.2. Je suis à seulement 0.5 seconde de mon record, dans des conditions difficiles. Je suis à la fois déçu d’échouer si près et content de poser des bonnes bases pour demain. Julien a lui aussi eu un 2ème 1000 difficile, et termine en 5.56, et je vous invite à aller voir son blog pour ses impressions : Blog de Julien Bahain

Petite satisfaction : j’ai fait la course à côté d’Eric Knittel, champion du monde en double devant nous l’an passé, et il a souffert pour finir en 6’04.

Nous terminons à la 1ère et 4ème place de la série, nous devrions être bien placés en finale pour jouer avec les allemands. Je ne me fais pas d’illusions, ils ont caché leur jeu et demain sera une toute autre course. Le boulot est assuré pour moi avec ce chrono, donc je pourrai tenter quelque chose sans pression.

La course est prévue à 12h45, et nous devrons courir pour attraper notre avion, donc vous n’aurez pas de nouvelles avant lundi matin… Essayez le site de la compétition pour les résultats : http://www.euroopen2010.com/en/index_en.html